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La SPADA : Proposer un avenir à 1600 demandeurs d’asile dans le Haut-Rhin

La SPADA 68 est le premier point d’entrée des demandeurs d’asile. Elle se situe près de la gare de Mulhouse et accueille tous les migrants qui cherchent refuge en France. Pour l’équipe de Dorothée Toullec, 5 travailleurs sociaux et 1 coordinatrice, le quotidien est bien rythmé, fort en émotions et riche de sens.

Qu’est-ce que la SPADA ?

« SPADA » signifie Structure de premier accueil des demandeurs d’asile.
La SPADA est partenaire de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) et fait partie du Pôle Projet Réfugié de l’association ACCES.
Ce service est régi par la Convention relative au statut des réfugiés qui stipule que toutes les personnes qui craignent pour leur vie peuvent demander une protection à un autre état.

Un service d’urgence sociale

Le centre d’accueil est ouvert tous les matins sans rendez-vous. Tous les jours, de nouveaux arrivants viennent prendre les informations pour entamer leurs démarches, et d’autres personnes sortent du processus car elles ont obtenu (ou non) leur protection en France. Entre temps, elles reviennent suivre leur dossier. Elles peuvent venir quand elles le souhaitent et sont toujours accueillies avec bienveillance.

Combien de personnes sont accompagnées par la SPADA 68 ?

Au 31 décembre 2025, environ 1600 personnes étaient accompagnées par la SPADA 68. Ils dépendent du 115 pour leur hébergement, ou sont hébergés chez des tiers (amis, famille). Certains peuvent bénéficier d’un logement plus stable en HUDA ou CADA, en fonction des places disponibles et des droits qui leur ont été accordés.

On peut se représenter la SPADA comme une plateforme autour de laquelle gravitent plusieurs autres structures sociales, chacune dépendant les unes des autres.

 

Pourquoi les familles et personnes arrivent-elles en France ?

Les demandeurs d’asile fuient leur pays car ils n’y sont pas en sécurité et craignent pour leur vie. Cela peut être lié à leur genre, leur engagement politique, des tensions intra-communautaires ou des traditions culturelles (la place de la femme, notamment), des situations de conflit généralisé, guerre…

Deux types de procédures existent en fonction de la situation du pays, c’est-à-dire s’il y a un conflit visible ou non. Toutefois, certaines personnes sont obligées de fuir même issues d’un pays considéré comme « sûr ».

Après avoir tout quitté et parfois voyagé longtemps, les migrants doivent prouver toutes leurs difficultés et les craintes en cas de retour surtout traumatismes subis. Dans leur dossier de demande d’asile, ils doivent apporter les preuves qu’ils ne sont pas en sécurité dans leur pays. Il y a un vrai enjeu à réaliser cette procédure car elle fait resurgir des traumas, tandis qu’en parallèle ils essayent de trouver leur place dans un nouveau pays et une nouvelle culture.

Les travailleurs sociaux de la SPADA sont exposés chaque jour à ses problématiques. Et leur rôle est d’autant plus crucial que la SPADA est parfois le seul interlocuteur des demandeurs d’asile.

« Vous ne vous êtes pas contenté de m’aider avec les papiers, vous m’avez redonné de l’espoir quand j’en avais le plus besoin. Chaque fois que vous m’avez aidé avec mes documents, que vous avez répondu à mes questions avec tant de patience et de bienveillance, cela m’a donné la force de continuer. Grâce à votre aide, j’ai été acceptée en tant que réfugiée et je n’aurais pas pu y arriver sans vous. »

 

En quoi consiste l’accompagnement de la SPADA ?

La SPADA aide les migrants à accéder à leurs droits et à réaliser les démarches administratives pour obtenir un statut de réfugié. Cela consiste à :

  • Engager les démarches pour déposer une demande d‘asile auprès des services de la préfecture et de l’OFII.
  • Préparer le dossier pour l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides).
  • Ouvrir les droits : santé, scolarité, hébergement d’urgence, orientation alimentaire.
  • Orienter vers les services d’urgence pour les soins (en attendant l’ouverture des droits).
  • Faire le lien avec tous les partenaires qui sont liés au service (logement, santé, etc.).
  • Après la réponse positive de l’OFPRA et/ou CNDA : effectuer les demandes de titre de séjour et autres démarches administratives.

« Le moment-clé de l’accompagnement, et ma partie préférée, c’est le récit de vie à intégrer au dossier de demande d’asile pour l’OFPRA. C’est là qu’on apprend leur parcours. On a une diversité de personnes accueillies, c’est toujours la découverte. J’aime le contact avec les gens, ils sont tellement gentils. »
Siham, travailleuse sociale chez ACCES depuis 6 ans

« Nous avons des périodes intenses quand on a plusieurs familles et des grosses problématiques de santé. On peut se sentir limités dans certaines situations, mais humainement parlant, c’est très riche. Ce qui me motive c’est la rencontre avec les gens, me sentir utile, créer du lien. »
Flora, travailleuse sociale chez ACCES depuis 1 an

 

 

Toujours proposer un avenir

Quelle que soit la décision de l’OFPRA ou de la CNDA d’accorder ou non le droit de réfugié, la mission de la SPADA est d’accompagner et de prendre soin des personnes. C’est un engagement humain et un accompagnement global qui ne s’arrête pas à la décision des institutions.

« Notre moteur au quotidien est de se dire que les personnes doivent ressortir de chez nous plus légères qu’elles ne sont entrées. Cela passe parfois par de toutes petites choses. Accueillir avec un petit déjeuner, offrir un parapluie ou un kit d’hygiène… Comme un colibri qui transporte sa petite goutte d’eau, nous offrons une écoute attentive et une vraie considération pour les personnes.

Par rapport au service du 115 (hébergement d’urgence), la spécificité de la SPADA est d’être en contact direct avec les personnes. Elles viennent physiquement nous rencontrer et nous les recevons en entretien toute la journée (le matin sans rendez-vous, l’après-midi sur rendez-vous).

Ce qui m’anime, c’est cette proximité avec le public, reconnaître les gens, les écouter. Même si on ne peut pas tout. On les aide à construire quelque chose de différent sur la base de tout ce qu’ils ont vécu avant. C’est important de ne pas les limiter à leur statut de réfugié. Avant leur demande d’asile, ils avaient une vie et des engagements. »
Dorothée, cheffe de service, salariée d’ACCES depuis 21 ans

 

 

Être travailleur social à la SPADA

Travailler à la SPADA demande d’avoir beaucoup d’empathie, de se soucier des autres tout en sachant se protéger, et d’avoir une déontologie solide.

Les travailleurs sociaux reçoivent les demandeurs d’asile pour les aider à préparer leur dossier à l’OFPRA en vue de leur entretien à Paris.

En parallèle, les réunions en équipe leur permettent de trouver des solutions pour les personnes accompagnées. L’intervention d’une formatrice en analyse de la pratique professionnelle est l’occasion de partager les retours d’expérience, s’entraider et prendre du recul.

Ce travail nécessite aussi de nombreuses formations pour pouvoir mieux comprendre les publics (psycho traumatisme, géopolitique, place des femmes…).

« Je suis arrivée en France dans le cadre d’un volontariat européen. J’avais accompagné des jeunes en demande d’asile et ça m’a intéressé de continuer avec ce public. J’aime la possibilité de rencontrer des personnes de tous pays, de rester connectée à la réalité du monde. C’est difficile car on ne peut pas tout faire, les décisions ne dépendant pas de nous, et les politiques par rapport à la migration semblent ne pas aller vers le mieux… Mais on est quand même là ! On essaye de faire tout ce qu’on peut. »
Frederica, travaille sociale chez ACCES depuis 1 an

Rejoignez ceux qui croient qu’un avenir est possible !

Nos offres d'emploi

Comment peut-on aider la SPADA en tant que donateur ou bénévole ?

Vous avez à cœur de faire quelque chose pour les migrants qui arrivent du Kosovo, d’Afghanistan, de Turquie, de République Démocratique du Congo, d’Ukraine, de Guinée, de Côte d’Ivoire et de nombreux autres pays ?

Des compétences et du temps pour les migrants

Si vous souhaitez vous investir personnellement auprès des demandeurs d’asile, vous pouvez :

  • Proposer des activités aux personnes accueillies en logement temporaire. Nous avons actuellement une animation crochet et des sorties randonnées qui sont proposées, par exemple. Toutes les initiatives sont étudiées !
  • Donner des cours de français : en groupe ou en individuel, plusieurs formules sont possibles en fonction de vos disponibilités et des besoins du service.

Devenir bénévole

 

« Je suis arrivée en France en 2022, au début de la guerre en Ukraine.
J’ai bénéficié de la protection temporaire pendant environ 2 ans. Cependant, comme la situation sécuritaire en Ukraine ne s’améliorait pas, j’ai pris la décision de déposer une demande d’asile en 2024. Des compatriotes du même village que moi m’ont conseillée de me présenter à la SPADA de Mulhouse pour commencer mes démarches.
La procédure a duré plusieurs mois, puis j’ai obtenu la protection subsidiaire à l’OFPRA. Depuis que j’ai obtenu la protection subsidiaire, je peux aborder plus sereinement l’avenir car je sais que je peux m’intégrer en France et y vivre en sécurité.
Actuellement je suis accompagnée par la mission locale, je fais des démarches pour passer mon permis de conduire, qui est essentiel pour obtenir un emploi. En parallèle, je reste disponible pour aider les personnes autour de moi, notamment pour l’aide à la traduction, puisque j’ai eu la chance de pouvoir bénéficier de cours de français.
C’est important pour moi de pouvoir aider d’autres personnes. »

Kateryna

Des moyens financiers pour améliorer l'accueil

Les dons financiers que vous attribuez à la SPADA permettent d’acheter notamment des collations, des produits d’hygiène, des pochettes pour que les personnes puissent ranger leurs documents… Tous ces « cadeaux » font une grande différence sur la qualité de l’accueil !

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